Pour pouvoir être analysé et transmis dans le circuit de pharmacovigilance, un signalement doit contenir quatre informations minimales. Un patient identifiable, un déclarant identifiable, un médicament suspect et un effet indésirable suspecté.
L’absence de l’un de ces éléments ne signifie pas que l’information doit être ignorée. Elle impose de rechercher, lorsque cela est possible, les données manquantes avant que le signalement puisse être considéré comme un cas valide.
En bref :
- Un cas valide constitue le point de départ d’une analyse en pharmacovigilance
- Quatre critères minimaux doivent être présents dans le signalement.
- Une information manquante peut empêcher la validation immédiate du cas.
- Le premier échange avec le déclarant joue un rôle central dans le recueil.
- La formation des équipes limite les dossiers incomplets et les reprises de contact.
La pharmacovigilance repose sur la collecte et l’analyse des effets indésirables susceptibles d’être liés à l’utilisation d’un médicament.
Chaque jour, des signalements sont transmis par des patients, des professionnels de santé ou des proches afin de contribuer à la surveillance continue de la sécurité des traitements.
Mais avant de pouvoir être analysé, un signalement doit répondre à certaines exigences.
En pharmacovigilance, on parle alors de « cas valide ».
Cette notion constitue la base de tout dossier exploitable.
Quels sont les quatre critères indispensables pour qu’un cas soit considéré comme valide ? Pourquoi sont-ils si importants ? Et quel rôle joue le recueil téléphonique dans leur identification ?

Pourquoi le recueil d’informations est-il si important en pharmacovigilance ?
La pharmacovigilance repose sur l’analyse des signalements reçus après la mise sur le marché d’un médicament.
Pour évaluer correctement une situation, les équipes de pharmacovigilance ont besoin de données fiables.
Le premier échange téléphonique constitue souvent la principale source d’information.
La qualité du dossier dépend donc directement de la qualité des questions posées et des informations recueillies.
Qu’est-ce qu’un cas valide en pharmacovigilance ?
Lorsqu’un effet indésirable est signalé, les équipes de pharmacovigilance doivent déterminer si le dossier contient suffisamment d’informations pour être analysé.
Pour cela, quatre critères essentiels doivent être présents.
Sans eux, il n’est pas possible de constituer un cas exploitable.
Ces critères sont reconnus au niveau international et s’appliquent à l’ensemble des acteurs de la pharmacovigilance.
Pourquoi les critères de validité sont-ils si importants ?
Les équipes de pharmacovigilance reçoivent chaque année un volume important de signalements.
Pour garantir la qualité des analyses, il est indispensable de s’assurer que chaque dossier repose sur des informations minimales fiables.
Les critères de validité permettent notamment :
- d’assurer la qualité des données ;
- d’éviter les doublons ;
- de faciliter les investigations ;
- de garantir la conformité réglementaire ;
- de renforcer la sécurité des patients.
Quels sont les quatre critères d’un cas valide en pharmacovigilance ?
Premier critère : un patient identifiable
Le premier critère concerne la personne ayant présenté l’effet indésirable. Le dossier doit permettre de confirmer qu’il s’agit d’un patient réel et identifiable.
L’identité complète du patient n’est pas toujours nécessaire. Selon le contexte et les procédures applicables, plusieurs informations peuvent contribuer à son identification :
- les initiales du patient ;
- son âge ou sa tranche d’âge ;
- son sexe ;
- une date de naissance, même partielle ;
- un numéro ou un code d’identification.
L’objectif consiste à distinguer le patient d’un cas théorique, d’une interrogation générale ou d’un ensemble indéterminé de personnes.
Pourquoi l’identification du patient est-elle nécessaire ?
Cette information permet notamment :
- d’éviter les doublons ;
- de contextualiser le signalement ;
- de réaliser certaines analyses médicales.
Sans patient identifiable, le dossier ne peut pas être considéré comme valide.
Exemple :
La formulation « plusieurs patients ont eu des réactions » reste trop imprécise. La mention « un homme de 58 ans » permet déjà d’identifier l’existence d’un patient unique.
Deuxième critère : un déclarant identifiable
Le déclarant est la personne qui rapporte l’information. Il peut s’agir du patient lui-même, d’un proche, d’un aidant, d’un médecin, d’un pharmacien, d’un infirmier ou d’un autre professionnel.
Le recueil doit permettre d’identifier cette personne et, lorsque la procédure le prévoit, de disposer d’un moyen de la recontacter.
Pourquoi identifier le déclarant ?
Cette identification contribue à :
- vérifier les informations recueillies ;
- compléter un dossier incomplet ;
- renforcer la fiabilité du signalement.
Sans déclarant identifiable, le cas ne peut pas être validé.
Troisième critère : un médicament suspect
Le troisième critère porte sur le médicament que le déclarant associe à l’événement observé. Le produit suspect doit pouvoir être identifié avec suffisamment de précision.
Le nom du médicament constitue l’information centrale. D’autres éléments peuvent ensuite compléter le dossier :
- le dosage ;
- la forme pharmaceutique ;
- la voie d’administration ;
- la date de début du traitement ;
- la posologie ;
- le numéro de lot, lorsqu’il est pertinent et disponible.
Toutes ces données ne font pas partie des quatre critères minimaux. Elles restent utiles pour documenter le cas et faciliter son évaluation par les équipes compétentes.
Pourquoi le médicament doit-il être identifié ?
La pharmacovigilance vise précisément à surveiller la sécurité des médicaments.
Sans produit suspect identifié, aucune évaluation du risque ne peut être réalisée.
Le cas devient alors inexploitable.
Quatrième critère : un effet indésirable suspecté
Le dernier critère concerne l’effet observé. Le déclarant doit décrire un signe, un symptôme, une réaction ou une situation qu’il soupçonne d’être liée au médicament.
Cet effet peut être :
- attendu ;
- inattendu ;
- bénin ;
- grave.
L’essentiel est qu’un événement soit clairement rapporté.
L’expression d’un doute ou d’une suspicion suffit à justifier le recueil et la transmission de l’information selon la procédure définie.
Pourquoi la description de l’effet est-elle indispensable ?
Sans effet indésirable signalé, il n’existe tout simplement pas de sujet de pharmacovigilance à analyser.
Ce critère représente le cœur même du dossier.
Exemple :
« Le patient ne se sentait pas bien » reste peu précis. Le téléconseiller peut demander au déclarant de décrire les manifestations observées avec ses propres mots.
Les quatre critères d’un cas valide en un tableau
| Critère | Question à traiter | Exemple d’information |
|---|---|---|
| Patient identifiable | Une personne réelle peut-elle être distinguée ? | Homme de 58 ans |
| Déclarant identifiable | Qui rapporte l’information ? | Patient, proche, médecin ou pharmacien |
| Médicament suspect | Quel produit est concerné ? | Nom du médicament et dosage |
| Effet indésirable suspecté | Quel événement est rapporté ? | Éruption cutanée apparue après la prise |
Exemple concret d’un cas valide en pharmacovigilance
Prenons le cas d’un patient qui appelle un laboratoire après l’apparition d’une éruption cutanée.
Informations recueillies pendant l’appel
PatientUn homme de 58 ans.DéclarantLe patient appelle lui-même et transmet ses coordonnées.Médicament suspectLe nom du médicament et son dosage sont communiqués.Effet rapportéUne éruption cutanée est apparue deux jours après le début du traitement.
Les quatre critères minimaux sont présents. Le signalement peut donc être considéré comme un cas valide et transmis au circuit prévu par le laboratoire.
D’autres questions peuvent ensuite compléter le dossier. Elles peuvent porter sur la date exacte d’apparition, l’évolution de l’effet, les traitements associés ou les mesures prises par le patient.
Cas valide ne signifie pas lien confirmé
La validation du cas indique uniquement que les informations minimales sont présentes. Elle ne confirme pas que le médicament est responsable de l’effet rapporté. Cette évaluation relève des professionnels compétents en pharmacovigilance.
Quelles informations recueillir en complément des quatre critères ?
Les quatre critères permettent de déterminer si le cas est valide. Ils ne suffisent pas toujours à documenter précisément la situation.
Selon le signalement et les procédures du laboratoire, le recueil peut aussi porter sur :
- la chronologie de l’événement ;
- la date de début et de fin du traitement ;
- la dose et la fréquence d’administration ;
- l’évolution de l’effet indésirable ;
- les traitements concomitants ;
- les antécédents connus ;
- les mesures médicales prises ;
- une éventuelle hospitalisation ;
- les coordonnées nécessaires à un suivi.
Le niveau de détail attendu dépend du type de demande, du périmètre confié au premier niveau de contact et des règles définies avec le service de pharmacovigilance.
Quels sont les écarts les plus fréquents lors du recueil ?
Les dossiers incomplets ne résultent pas toujours d’une absence totale d’information. Ils proviennent souvent d’une donnée trop vague, mal retranscrite ou non recherchée pendant l’échange.
Les écarts les plus courants concernent notamment :
- un patient évoqué sans élément permettant de l’identifier ;
- un déclarant dont les coordonnées ne sont pas recueillies ;
- un médicament renseigné de manière trop imprécise ;
- un effet indésirable résumé sans reprendre les mots du déclarant ;
- une chronologie absente ou difficile à comprendre ;
- une information recueillie mais transmise au mauvais interlocuteur ;
- une absence de traçabilité concernant la date et l’heure du signalement.
Ces situations peuvent conduire à une nouvelle prise de contact, retarder le traitement du dossier ou générer un écart lors d’un contrôle qualité.
📘 Téléchargez notre guide sur les écarts de conformité en pharmacovigilance
De nombreux écarts observés lors des appels concernent directement les critères de validité.
Pour approfondir ce sujet, nous avons réalisé un livre blanc complet :
Les 7 écarts de conformité en pharmacovigilance les plus détectés lors des appels téléphoniques.
Vous y découvrirez :
- les erreurs les plus fréquentes ;
- leurs conséquences sur les dossiers ;
- les bonnes pratiques à mettre en œuvre ;
- des recommandations opérationnelles.
Quel rôle joue le téléphone dans l’identification des critères de validité ?
Un signalement de pharmacovigilance n’est pas toujours formulé comme tel dès le début de l’appel. Une information utile peut apparaître au cours d’une demande d’information médicale, d’une question sur l’usage d’un produit ou d’une réclamation.
Exemple d’information révélée au cours de l’échange
Un patient appelle pour demander s’il peut interrompre son traitement. En expliquant sa demande, il précise qu’il ressent des vertiges depuis plusieurs jours. Cette information peut constituer un signalement à potentiel pharmacovigilance, même si elle n’était pas le motif initial de l’appel.
Le téléconseiller doit donc savoir repérer les formulations susceptibles de révéler un événement indésirable. Il doit ensuite suivre le script et la procédure validés par le laboratoire.
Les compétences attendues pendant le recueil
Un recueil fiable repose moins sur la multiplication des questions que sur leur pertinence. Le téléconseiller doit notamment savoir :
- reconnaître un appel à potentiel pharmacovigilance ;
- vérifier la présence des quatre critères minimaux ;
- poser les questions prévues sans influencer la réponse ;
- reprendre les termes employés par le déclarant ;
- distinguer les faits rapportés des suppositions ;
- respecter les règles de confidentialité ;
- transmettre l’information dans les délais et selon le circuit prévu.
La qualité de l’appel ne se mesure donc pas uniquement au temps de traitement. Elle dépend de la fiabilité des informations captées, de leur traçabilité et de leur bonne transmission.
Quel cadre encadre les critères de validité ?
Les critères minimaux d’un cas valide sont repris dans le module VI des bonnes pratiques européennes de pharmacovigilance. Ce texte encadre la collecte, la gestion et la transmission des signalements d’effets indésirables suspectés.
Les recommandations internationales ICH précisent également les définitions et les standards applicables à la gestion des données de sécurité après la mise sur le marché.
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé rappelle que les effets indésirables suspectés peuvent être signalés dès qu’un lien éventuel avec un produit de santé est envisagé.
- Recommandations de l’ICH relatives aux données de sécurité
- Informations de l’ANSM sur la déclaration des effets indésirables
Comment sécuriser un dispositif externalisé de recueil ?
Externaliser la prise en charge des appels pharmaceutiques ne consiste pas uniquement à confier un numéro de téléphone à un prestataire. Le dispositif doit être construit autour des procédures, des délais et des circuits de transmission définis par le laboratoire.
Plusieurs éléments doivent être cadrés dès la mise en place :
- les situations qui doivent déclencher un recueil de pharmacovigilance ;
- les questions autorisées et les données attendues ;
- les niveaux d’escalade ;
- les délais de notification ;
- les règles de traçabilité ;
- la formation initiale et continue des équipes ;
- les contrôles qualité et les actions de reformation.
Chez absys, les équipes prennent en charge les appels et les emails entrants selon les procédures validées avec chaque laboratoire. Leur rôle consiste à identifier les situations sensibles, recueillir les informations prévues et transmettre chaque demande vers le bon circuit.
Quels bénéfices apporte un recueil conforme des critères de validité ?
Meilleure qualité des dossiers
Les cas peuvent être analysés plus rapidement.
Réduction des écarts de conformité
Les informations sont recueillies dès le premier contact.
Traçabilité
renforcée
Chaque échange est documenté de manière rigoureuse.
Meilleure expérience déclarant
Les demandes complémentaires sont limitées.
Ce qu’il faut retenir
Un cas valide en pharmacovigilance repose sur quatre critères. Un patient identifiable, un déclarant identifiable, un médicament suspect et un effet indésirable suspecté.
Ces éléments semblent simples. Leur recueil demande pourtant de reconnaître les informations utiles, de poser les bonnes questions et de retranscrire les réponses avec précision.
Lorsque le signalement arrive par téléphone, la qualité du premier échange conditionne directement la suite de son traitement. Une formation adaptée, des scripts validés, des procédures claires et des contrôles réguliers aident les laboratoires à fiabiliser ce premier niveau de contact.
FAQ – Critères d’un cas valide en pharmacovigilance
Un cas valide doit comporter un patient identifiable, un déclarant identifiable, un médicament suspect et un effet indésirable suspecté. Ces quatre éléments sont indispensables pour permettre l'analyse du dossier.
Non. L'absence d'un seul des quatre critères empêche généralement la validation du cas et limite fortement son exploitation par les équipes de pharmacovigilance.
L'identification du patient permet notamment d'éviter les doublons et d'apporter un contexte pertinent à l'analyse du signalement.
Le téléconseiller doit identifier les quatre critères dès le premier échange, compléter les informations manquantes et assurer une retranscription fidèle des données recueillies.
Les principaux écarts concernent les patients insuffisamment identifiés, les coordonnées manquantes du déclarant, les médicaments mal renseignés et les descriptions trop imprécises des effets indésirables.
Nos offres commerciales
STARTER
Ne jamais manquer un appel.
POUR QUI ?
TPE, indépendants, professions libérales souhaitant une réponse humaine sans contrainte.
Une solution simple et fiable pour ne jamais laisser un client sans réponse.
Réponse au nom de votre entreprise
Identification complète de l’appelant (nom, prénom, société)
Qualification rapide du motif d’appel
Transmission immédiate du message par mail
ESSENTIEL
Votre standard simplement
POUR QUI ?
Entreprises en croissance avec plusieurs collaborateurs et appels entrants quotidiens.
Le bon équilibre entre réactivité et professionnalisme pour vos appels entrants.
le pack STARTER
Dispatch vers lignes directes ou mobiles
Orientation ultra-rapide (1 question max )
Mise en relation immédiate ou prise de message
CONFORT
Votre standard augmenté
POUR QUI ?
Entreprises structurées, multi-sites ou disposant de process complexes à gérer.
Un pilotage précis de vos flux d’appels grâce à des scripts évolués et un routage sur mesure.
le pack ESSENTIEL
Script avancé multibranches
Gestion par mots clés (motif, contrat, VIP)
Qualification fine et priorisation automatique
PREMIUM
Vos process métiers intégrés
POUR QUI ?
Entreprises cherchant à externaliser tout ou partie de leurs processus clients. SAV, astreinte, pharmaco …
L’externalisation complète de vos processus relation client avec intégration à vos outils internes.
le pack CONFORT
Modélisation complète de vos scénarios métier
Intégration dans Osvaldo, notre outil expert
Opération selon vos règles et indicateurs




Laisser un commentaire